EPICURE TRIBUTE
Ce travail n'a d'autre ambition que d'insuffler à ces textes la simplicité et la force qu'ils avaient pour leurs premiers lecteurs — de les rendre à nouveau audibles et sensibles.
La musique électronique n'est pas ici une illustration, mais un vecteur : elle offre le dépouillement nécessaire pour laisser respirer le texte, et une accessibilité qui permet de s'adresser à un large public. Elle amplifie également la beauté des traductions réalisées par Octave Hamelin, et cherche à faire entendre, plutôt qu'à démontrer, que cette sagesse antique parle encore directement à qui l'écoute aujourd'hui.
Les titres II à VII s'appuient quant à eux sur la traduction d'Octave Hamelin (Revue de métaphysique et de morale, 1910).
Enfin voici les extraits pour chaque titre:
Tétrapharmakon
« Ne crains pas les dieux. S'ils existent, ils habitent une paix que rien ne trouble, que rien ne réclame — ils n'ont que faire de tes prières, de tes offrandes, de tes nuits blanches. Ce que tu crains n'a jamais eu de visage. »
Source : reformulation contemporaine des maximes fondamentales d'Épicure conservées par Diogène Laërce et Philodème de Gadara.
« Ne t'inquiète pas de la mort. Tant que tu es là, elle n'y est pas. Quand elle sera là, tu n'y seras plus. Elle ne te touchera jamais — vous ne vous croiserez pas. »
Source : reformulation contemporaine du paragraphe 125 de la Lettre à Ménécée : « La mort n'est rien pour nous. Quand nous sommes là, la mort n'est pas là ; et quand la mort est là, nous ne sommes plus. »
« Ce qui est bon est facile à obtenir. Le pain, l'eau, un ami, l'absence de douleur — tout ce qui compte vraiment tient dans la main ouverte. Ce sont les désirs vains qui te ferment le poing. »
Source : reformulation contemporaine issue de la Lettre à Ménécée et des Maximes capitales.
« Ce qui est terrible est facile à supporter. La douleur violente est brève, la douleur longue est légère — et ton esprit, toujours, la tranquillité.»
Source : reformulation contemporaine du quatrième précepte du Tétrapharmakon, telle qu'elle nous a été transmise en grec par Philodème de Gadara (« Deinon eukartereton »).
La santé de l'âme
Source : Octave Hamelin (mort en 1907), traduction publiée à titre posthume en 1910 dans la Revue de métaphysique et de morale (tome 18, p. 397-440 — §122).
Ni Juge, Ni Refuge
« Ils ne te voient pas. Ils ne t'attendent pas. Quelque part entre les mondes, ils reposent, sans manque, sans besoin. Ce que tu appelles leur colère n'est que le tremblement de ta propre peur — projetée, comme une ombre, sur un ciel qui n'a jamais parlé. L'impie n'est pas celui qui doute. L'impie, c'est celui qui prête au silence un visage qui juge, une main qui punit. Un dieu parfait n'a rien à corriger. Il n'attend rien de toi. Il n'est ni ton juge, ni ton refuge — il est, simplement, ailleurs, entier. »
Source : Reformulation contemporaine construite à partir de la Lettre à Ménécée (§123-124) et du De rerum natura de Lucrèce.
Tant que nous existons
« Prends l'habitude de penser que la mort n'est rien pour nous. Car tout bien et tout mal résident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilité. Par conséquent, la connaissance de cette vérité que la mort n'est rien pour nous nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d'une durée infinie, mais en nous enlevant le désir de l'immortalité.
Car il ne reste plus rien à redouter dans la vie, pour qui a vraiment compris que hors de la vie il n'y a rien de redoutable. On prononce donc de vaines paroles quand on soutient que la mort est à craindre, non pas parce qu'elle sera douloureuse étant réalisée, mais parce qu'il est douloureux de l'attendre. Ce serait en effet une crainte vaine et sans objet que celle qui serait produite par l'attente d'une chose qui ne cause aucun trouble par sa présence.
Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d'horreur, la mort, n'est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n'est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n'existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu'elle n'a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. »
Source : Octave Hamelin (mort en 1907), traduction publiée à titre posthume en 1910 dans la Revue de métaphysique et de morale (tome 18, p. 397-440 — §124-125).
Les désirs
« Il faut se rendre compte que parmi nos désirs les uns sont naturels, les autres vains, et que, parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires et les autres naturels seulement.
Car nous faisons tout afin d'éviter la douleur physique et le trouble de l'âme. Lorsqu'une fois nous y avons réussi, toute l'agitation de l'âme tombe. »
Source : Octave Hamelin (mort en 1907), traduction publiée à titre posthume en 1910 dans la Revue de métaphysique et de morale (tome 18, p. 397-440 — §127-128).
La Mesure
« Nous n'avons en effet besoin du plaisir que quand, par suite de son absence, nous éprouvons de la douleur ; et quand nous n'éprouvons pas de douleur, nous n'avons plus besoin du plaisir. C'est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse.
Tout plaisir, pris en lui-même et dans sa nature propre, est donc un bien, et cependant tout plaisir n'est pas à rechercher ; pareillement, toute douleur est un mal, et pourtant toute douleur ne doit pas être évitée.
En tout cas, chaque plaisir et chaque douleur doivent être appréciés par une comparaison des avantages et des inconvénients à attendre. Car le plaisir est toujours le bien, et la douleur le mal ; seulement il y a des cas où nous traitons le bien comme un mal et le mal à son tour comme un bien.
chaque plaisir et chaque douleur doivent être appréciés par une comparaison»
Source : Octave Hamelin (mort en 1907), traduction publiée à titre posthume en 1910 dans la Revue de métaphysique et de morale (tome 18, p. 397-440 — §128-130).
Aponia & Ataraxia
«Pour le corps, à ne pas souffrir.
pour l'âme, à être sans trouble.
On ne peut vivre agréablement
sans vivre sagement,
ni vivre sagement,
sans vivre agréablement.»
Source : Reformulation contemporaine issue de la Lettre à Ménécée et des Maximes capitales.
Médite-les jour et nuit
Source : Octave Hamelin (mort en 1907), traduction publiée à titre posthume en 1910 dans la Revue de métaphysique et de morale (tome 18, p. 397-440 — §135).
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